Droit de la propriété intellectuelle
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Contrefaçon de marque : quelles sanctions pénales en France ?

Équipe JuriliaJuristes & Experts IA
18 août 2026

Avertissement Légal

Les articles de vulgarisation de Jurilia analysent des décisions officielles à titre purement pédagogique. Ils ne constituent pas des conseils juridiques personnalisés. Seul un avocat habilité est autorisé à délivrer une consultation adaptée à votre cas spécifique.

La contrefaçon de marque est un délit qui peut coûter cher, tant pour les entreprises que pour les particuliers. En France, protéger une marque est essentiel pour éviter les imitations frauduleuses, mais que risque-t-on réellement en cas de contrefaçon ? Quelles sont les sanctions pénales prévues par la loi, et comment se défendre ou agir en justice ? Cet article vous explique tout ce que vous devez savoir sur les conséquences juridiques de la contrefaçon de marque, sans jargon compliqué et avec des exemples concrets.

Qu’est-ce que la contrefaçon de marque ?

Avant d’aborder les sanctions, il est important de comprendre ce que recouvre la notion de contrefaçon de marque. En droit français, une marque est un signe distinctif (nom, logo, slogan, etc.) qui permet d’identifier les produits ou services d’une entreprise. Elle est protégée dès son enregistrement auprès de l’Institut National de la Propriété Industrielle (INPI).

La contrefaçon consiste à reproduire, imiter ou utiliser une marque protégée sans l’autorisation de son titulaire. Cela peut prendre plusieurs formes :

  • La vente de produits portant une marque identique ou similaire sans accord.
  • L’utilisation d’un logo ou d’un nom de marque pour des produits ou services similaires.
  • La commercialisation de contrefaçons (vêtements, accessoires, médicaments, etc.).

Exemples concrets de contrefaçon

Pour mieux comprendre, voici quelques exemples fréquents :

  • Un commerçant vend des sacs à main portant le logo d’une marque de luxe sans en avoir le droit.
  • Une entreprise utilise un nom très proche d’une marque connue pour tromper les consommateurs.
  • Un site internet propose des médicaments sous une marque déposée, sans autorisation.

Dans tous ces cas, la contrefaçon peut causer un préjudice important au titulaire de la marque, que ce soit en termes de réputation, de parts de marché ou de pertes financières.

Les sanctions pénales en cas de contrefaçon de marque

En France, la contrefaçon de marque est un délit puni par le Code de la propriété intellectuelle. Les sanctions pénales visent à dissuader les contrefacteurs et à protéger les titulaires de marques. Voici ce que risque une personne ou une entreprise reconnue coupable de contrefaçon.

Les peines principales

Les sanctions pénales pour contrefaçon de marque peuvent être lourdes. Elles incluent :

  • Des peines d’emprisonnement : La contrefaçon est passible d’une peine maximale de 3 ans de prison. Cette peine peut être prononcée à l’encontre des personnes physiques (dirigeants, employés, commerçants, etc.) impliquées dans l’infraction.

  • Des amendes : Le montant de l’amende peut atteindre jusqu’à 300 000 euros pour une personne physique. Pour une personne morale (une entreprise, par exemple), l’amende peut être multipliée par cinq, soit jusqu’à 1,5 million d’euros. Ces montants peuvent être augmentés en cas de circonstances aggravantes, comme la vente en bande organisée ou la contrefaçon de produits dangereux (médicaments, pièces automobiles, etc.).

Les peines complémentaires

En plus des peines principales, le tribunal peut prononcer des sanctions complémentaires, notamment :

  • La confiscation des produits contrefaits : Les marchandises contrefaites peuvent être saisies et détruites.

  • La fermeture temporaire ou définitive de l’établissement : Si la contrefaçon a été commise dans un commerce ou une entreprise, le tribunal peut ordonner sa fermeture.

  • L’interdiction d’exercer une activité commerciale : Le contrefacteur peut être interdit d’exercer une activité professionnelle liée à la contrefaçon.

  • La publication du jugement : Le tribunal peut ordonner que la décision de justice soit publiée dans des journaux ou sur des sites internet, aux frais du condamné. Cette mesure vise à informer le public et à dissuader d’éventuels contrefacteurs.

Les circonstances aggravantes

Certaines situations peuvent alourdir les sanctions. Par exemple :

  • La contrefaçon en bande organisée : Si plusieurs personnes se sont associées pour commettre l’infraction, les peines peuvent être plus sévères.

  • La contrefaçon de produits dangereux : Si les produits contrefaits présentent un danger pour la santé ou la sécurité des consommateurs (médicaments, jouets, pièces automobiles, etc.), les sanctions sont renforcées.

  • La récidive : Si le contrefacteur a déjà été condamné pour des faits similaires, les peines peuvent être plus lourdes.

Comment prouver la contrefaçon de marque ?

Pour engager des poursuites pénales, il est essentiel de prouver la contrefaçon. Voici les éléments qui peuvent être utilisés comme preuves :

Les preuves matérielles

  • Les produits contrefaits : Les objets ou emballages portant la marque contrefaite peuvent être saisis et présentés au tribunal.

  • Les factures ou bons de commande : Ces documents peuvent prouver l’origine frauduleuse des produits.

  • Les témoignages : Les déclarations de clients, d’employés ou de concurrents peuvent appuyer la plainte.

  • Les captures d’écran ou enregistrements : Si la contrefaçon a lieu en ligne (site internet, marketplace, réseaux sociaux), des captures d’écran ou des enregistrements peuvent servir de preuves.

Les preuves juridiques

  • L’enregistrement de la marque : Le certificat d’enregistrement délivré par l’INPI prouve que la marque est protégée.

  • Les constats d’huissier : Un huissier de justice peut établir un constat pour prouver la contrefaçon (achat de produits contrefaits, visite d’un site internet, etc.).

  • Les expertises : Un expert peut être désigné pour analyser les produits et confirmer qu’il s’agit bien de contrefaçons.

Les recours pour les victimes de contrefaçon

Si vous êtes victime de contrefaçon de marque, plusieurs recours s’offrent à vous pour faire cesser l’infraction et obtenir réparation.

Porter plainte

La première étape consiste à porter plainte auprès des services de police ou de gendarmerie. Vous pouvez également déposer une plainte directement auprès du procureur de la République. Cette plainte déclenchera une enquête qui pourra aboutir à des poursuites pénales.

Saisir le tribunal

En parallèle, vous pouvez engager une action en justice devant le tribunal judiciaire. Deux types de procédures sont possibles :

  • L’action pénale : Elle vise à faire condamner le contrefacteur à des sanctions pénales (emprisonnement, amende, etc.).

  • L’action civile : Elle permet d’obtenir des dommages et intérêts pour réparer le préjudice subi (perte de chiffre d’affaires, atteinte à l’image de marque, etc.).

Demander des mesures provisoires

En urgence, vous pouvez demander au tribunal d’ordonner des mesures provisoires pour faire cesser la contrefaçon rapidement. Par exemple :

  • La saisie des produits contrefaits : Les marchandises peuvent être saisies avant même le procès.

  • L’interdiction de vente : Le tribunal peut ordonner l’arrêt immédiat de la commercialisation des produits contrefaits.

  • Le blocage des sites internet : Si la contrefaçon a lieu en ligne, le tribunal peut ordonner le blocage du site ou la suppression des annonces frauduleuses.

Comment se défendre en cas d’accusation de contrefaçon ?

Si vous êtes accusé de contrefaçon, il est important de bien vous défendre pour éviter des sanctions injustes. Voici quelques conseils :

Vérifier la validité de la marque

Avant toute chose, vérifiez si la marque en question est bien enregistrée et protégée. Une marque non enregistrée ou dont la protection a expiré ne peut pas faire l’objet d’une action en contrefaçon.

Contester la similitude

La contrefaçon suppose une similitude entre la marque protégée et le signe utilisé. Si les produits ou services sont très différents, ou si le signe utilisé n’est pas suffisamment proche de la marque, vous pouvez contester l’accusation.

Prouver l’absence d’intention frauduleuse

La contrefaçon suppose une intention de tromper le consommateur. Si vous pouvez prouver que vous ignoriez que la marque était protégée, ou que vous n’aviez pas l’intention de nuire, cela peut atténuer votre responsabilité.

Faire appel à un avocat spécialisé

Un avocat en droit de la propriété intellectuelle pourra vous aider à préparer votre défense et à contester les preuves présentées par la partie adverse.

Questions fréquentes

Qu’est-ce qui distingue la contrefaçon de la concurrence déloyale ?

La contrefaçon concerne spécifiquement l’utilisation non autorisée d’une marque protégée, tandis que la concurrence déloyale recouvre des pratiques commerciales trompeuses ou abusives, comme le dénigrement d’un concurrent ou l’imitation de ses produits sans utiliser sa marque. Les deux peuvent parfois se chevaucher, mais les sanctions et les procédures diffèrent.

Peut-on être condamné pour contrefaçon sans le savoir ?

Oui, l’ignorance de la protection d’une marque n’est pas une excuse en droit français. Même si vous ne saviez pas que la marque était protégée, vous pouvez être condamné pour contrefaçon. Cependant, l’absence d’intention frauduleuse peut influencer le montant des sanctions.

Quels sont les délais pour agir en justice ?

En matière pénale, le délai de prescription pour la contrefaçon est de 6 ans à compter de la commission de l’infraction. En matière civile, le délai est de 5 ans à partir du jour où le titulaire de la marque a eu connaissance des faits.

Peut-on contester une condamnation pour contrefaçon ?

Oui, comme pour toute décision de justice, il est possible de faire appel d’une condamnation pour contrefaçon. L’appel doit être formé dans un délai d’un mois à compter de la notification du jugement.

Quels sont les risques pour une entreprise qui vend des contrefaçons sans le savoir ?

Une entreprise qui vend des contrefaçons sans en avoir connaissance peut tout de même être condamnée, notamment si elle n’a pas vérifié l’origine des produits. Les sanctions peuvent inclure des amendes, la confiscation des marchandises et une atteinte à sa réputation. Il est donc essentiel de s’assurer de la légalité des produits vendus.

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